Un maudit français au pays des castors

L’Odyssée canadienne: Part 2

Jeudi 25 novembre

Entre le Manitoba et le Saskatchewan.

Nous nous sommes arrêtés quatre heures ce matin à Winnipeg.

 

Winnipeg sous la neige

 

 

Ai marché quelques temps avant de me réfugier dans un Tim Hortons. J’avais bien prévu le long manteau bien chaud mais ai oublié le bonnet dans le sac en soute. Un vrai paysage d’hiver, la ville est prise sous un épais manteau blanc tandis qu’il continue de neiger.

Les retraités britanniques sont légèrement horripilants. Touristes jusqu’au bout de leurs ongles manucurés ils s’émerveilleront à la vue de chaque chevreuil aperçu du haut de la cabine d’observation en nous le rappelant à grands coups d’exclamations diverses et variées dans un accent du Yorkshire à couper au couteau. Ils pousseront même le vice à supputer que chaque bestiole à quatre pattes serait un caribou… On comprend mieux pourquoi les Britanniques ont eu la nécessité de l’aide des autochtones pour coloniser ce beau pays. Quelque part, la qualité médiocre de la nourriture de la perfide Albion aurait du nous mettre la puce à l’oreille; la colonisation par la sauce à la menthe n’est pas encore entrée dans les annales comme étant particulièrement efficace.

 

 

Nous croisons d’interminables trains de marchandises obligeant le Canadien à s’arrêter afin de ne pas risquer une collision. Les plaines glacées du Manitoba s’étendent de part et d’autre des rails, parsemés de ci de là par quelques bouts de forêt bien chétifs. Un paradis pour le chien de traineau et la motoneige sans doute. Le soleil semble gigantesque au milieu de l’azur, faisant scintiller quelques rares et antiques machineries agricoles abandonnées au gel et à la rouille le long des champs immaculés, balayés par les vents dessinant comme des vagues au fil du faible relief de la couverture neigeuse.

 

 

Les trains de marchandises sont interminables et quasiment deux fois plus hauts que le Canadien.

 

De temps en temps, alerté sans aucun doute par le grondement sourd des locomotives, un lièvre blanc déguerpi.

Mais déjà le soleil baisse et la plaine enneigée auparavant éblouissante prend des teintes bleutées sous le ciel clair qui bien que pâle à l’horizon s’assombrit peu à peu au-dessus de nos têtes. Peut-être aurons-nous la chance de pouvoir observer les étoiles ce soir si le temps reste dégagé et que la neige nous épargne.

 

 

Les plaines du Saskatchewan.

 

Prochain arrêt: Saskatoon, ce soir aux alentours de 23h30. L’occasion de goûter le tabac à pipe acheté au cours de la mâtinée dans une tabagie de Winnipeg.

 

 

Vue du salon arrière.

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La nuit tombe sur le Saskatchewan.

J’ai rarement vu un paysage aussi singulier et aussi beau. Les prairies s’étendent à perte de vue sans pourtant aucune monotonie. Au dessus de nous le ciel bleu marine semble rencontrer à l’horizon, derrière et devant nous, des bandes de ciel noir. Le Canadien semble s’enfoncer dans le sol, poursuivant sa folle course vers cette masse obscure nous faisant face.

Est-ce le vin? Est-ce l’alliage des contraires blancs et noir de la neige et du ciel? Il me semble quoi qu’il en soit être à bord d’un submersible s’enfonçant lentement dans les abysses.

Dix minutes d’arrêt dans une gare dont j’ai oublié le nom. -20°C au mercure.

Je ne trouve pas la monotonie pour laquelle cette province est réputée.

 

La nuit tombe sur le Saskatchewan.

 

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