Un maudit français au pays des castors

C’est la crise Ma’ame Michu.

Ou presque.
La semaine fut à la fois courte et longue, pleine d’espoir et décevante.
Les plus: un emploi du temps précis et réglé. Lever entre 4h30 et 5h, petit-déjeuner-douche, une demi-heure de vélo, 5h30 devant la première agence d’intérim; 6h devant la seconde pour l’ouverture; 7h-12h lecture assidue de divers bouquins dans l’attente d’un hypothétique emploi et passage à la troisième agence d’intérim. 12h30, choux blanc direction maison.
Là, si je ne me suis pas perdu en route (ça m’est arrivé en début de semaine), je mange, vaque à une certaine oisiveté, une sieste, diverses activités en fonction du temps; fin d’après-midi, rendez-vous avec Lauren/Max/les deux à la fois; soirée, dîner, film. Entre 21h-minuit, dodo. Et c’est reparti le lendemain matin.

Les moins: toujours pas d’emploi. Et l’impression que la vie dans ma colloc risque d’être plus « challenging » que mon intuition m’avait laissé penser. Et ce, pour plusieurs raisons. D’une, mes collocs sont des « highschool dropouts », comprenez l’équivalent d’un jeune français ayant abandonné le lycée pour bosser. En gros, des imbéciles.
Je me garderai bien de gloser sur un quelconque manque de niveau intellectuel concernant le cas d’un dropout français, notre lycée étant bien plus dur que les lycées canadiens ou américains.

Bon ceci dit, je circule dans les eaux troubles du préjugé là. Le fait d’abandonner le lycée n’est pas nécessairement signe de faiblesse intellectuelle. Dis autrement, tous les dropouts ne sont pas des imbéciles. Mais curieusement, il semblerait que la grande majorité des imbéciles de cet âge soient des dropouts.
Bref, vous l’aurez compris, mes collocs sont des cons. Des cons gentils, mais des cons néanmoins, et dont la vie se résume à boulot-jeux vidéos-joints et soirées à la maison les deux nuits du week end en compagnie d’autres gens de stupide compagnie, d’âge variable mais tendant tous apparemment vers les 15-16 ans (mais siiiii, vous savez, l’âge qu’avaient votre tendre progéniture la première fois que l’envie de la nourrir à la mort-au-rat vous est passé par la tête).
Faut-il mentionner que parmi toutes ces personnes, toutes ou presque sont natives de Victoria, voire du même quartier?
Ca aide sans doute.

D’autre part, les voisins du dessous, apparemment légèrement plus évolués, passent leur temps à jouer de la musique (bon point), souvent très fort (mauvais point). La bonne nouvelle c’est que le caisson de basse de notre salon a la puissance d’un chasseur passant le mur du son à environ un tiers de sa barre de volume. Très pratique pour apprendre à ses voisins récalcitrants à baisser le son. Ou à quitter la maison pour quelques heures, ce qui me convient très bien également.
Bien plus, je peux difficilement me montrer désagréable vis à vis d’eux, ayant un ami commun vivant dans la rue voisine.
Quitte à se recroiser, autant éviter de se tirer une balle dans le pied.

Mis à part ces révélations détonantes sur la vie des jeunes dans une petite ville, les choses se tassent tranquillement.
Je me déplace désormais en vélo, chose bénéfique pour entretenir ma santé; je commence à connaître quelques personnes actuellement à la recherche d’un emploi via les agences d’intérim sus-mentionnées. C’est une population particulière, un peu marginale. Il faut dire, le système de ces agences de travail (principalement non-qualifié, sur les chantiers) n’aide pas véritablement à la réinsertion. Le but est d’être flexible. Vous travaillez aujourd’hui mais rien ne vous dit que vous travaillerez demain. Il est aussi extrêmement facile de postuler. Il suffit de présenter un numéro (attribué à chaque citoyen) et une pièce d’identité. De fait, je sais qu’un certain nombre de mes co-religionnaires ont fait de la prison (ce qui apparemment est très facile au Canada, parfois de manière loufoque; à l’image de cet homme qui a purgé ses deux mois de peine sur des week-ends. Passer ses week-ends en prison, rien de mieux. Ca doit bien valoir les backrooms de certains bars du Marais niveau ambiance) et/ou sont SDF. Pas clochard, SDF, puisque étant logés dans les nombreux foyers du centre ville de Victoria. C’est assez intéressant d’entendre les différents parcours de chacun. C’est aussi très utile pour savoir où se rendre pour profiter d’un petit-déjeuner ou de sandwichs gratuits. Comme ça au pire, si je me retrouve à la rue et sans emploi, je saurai toujours me débrouiller.

Pas que je prévois cette éventualité… mais sait-on jamais.

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