Un maudit français au pays des castors

Rogntudju le temps passe!

Deux semaines sans chronique! Mais quel scandale! Deux semaines de silence alors que l’actualité se déchaîne autour de nous, que dire sinon « rogntudju! ».

Bref, le fait est que je me suis retrouvé beaucoup plus occupé que je ne le pensais. Sans compter qu’à rentrer parfois à 23h30 ou plus tard du boulot, j’ai rarement l’envie de me mettre à écrire avant de me coucher. Alors que dire?

Bien que très tenté par le sujet, je vous épargnerai la tirade sur DSK. N’en parlons donc pas. Et par « n’en parlons pas », je veux bien sûr dire « parlons-en ». D’une certaine manière, nous suivons tous plus ou moins l’actualité et concernant cette « affaire », même le fait de ne pas suivre l’actu n’aura sans doute pas réussi à vous épargner. Tout a été dit, et particulièrement le pire. Je ne passerai pas en revue les innombrables commentaires outrés des BHL et compagnie s’offusquant du traitement médiatique et judiciaire réservé à l’homme en question (traitement médiatique dont ils participent indéniablement mais chut! il est malpoli de rappeler à des « intellectuels » qu’un enfant de 5 ans serait susceptible d’avoir plus de bon sens qu’eux) et passant à l’occasion de la plus simpliste américanophilie (ai-je besoin de vous rappeler le flop d’American Vertigo) à la plus ridicule des américanophobies (la tribune du philosophe à deux balles dans son journal à la con – vous m’excuserez, j’ai du mal à me rappeler si c’est Le Point ou l’Express, le différence étant infinitésimale – est à ce titre un bijou de sottise prétentieuse). Si le sujet vous intéresse vraiment, Acrimed a consacré nombre d’articles à la chose. Non, au delà de ça, ce qui reste intéressant malgré tout, c’est de constater qu’il n’y a rien de mieux qu’une période de « crise » (j’admets que le terme est mal choisi; néanmoins, c’est véritablement l’importance qu’un tel phénomène semble revêtir aux yeux des individus que je mentionne) pour mettre à nu le système d’arriérés qui est le nôtre. La conscience de classe exprimée par nos media moguls et politicards de tous poils me semble on ne peux plus criante dans une situation pareille. Est-il d’ailleurs nécessaire de débattre d’une telle évidence? Depuis mon entrée (et Dieu merci, ma sortie) de la rue Saint Guillaume, je n’ai cessé d’être confronté à cette « élite », cette oligarchie consanguine assise sur ses privilèges – aristocratiques par nature car hérités – qui se complaît dans un monde détaché de toute réalité. Une affaire de la sorte permet de temps en temps de lever un coin du voile dont ils s’entourent et de rendre leur imposture visible à la face de la nation. Je ne doute pas un seul instant que nombre – si ce n’est la totalité – d’entre vous s’est sentie outrée du bruit accordé à une telle affaire; après tout, l’obsession sexuelle de DSK n’a jamais été un secret autre que de polichinelle, encore moins son goût exagéré pour le faste pour un « socialiste » (permettez-moi de marquer une pause ici et rire quelques instants). Mais parce qu’il était « des leurs », n’aurait-il pas été suspect que nos oligarques de pacotille ne se sentent touchés par une telle affaire? J’ai véritablement beaucoup de mal à savoir comment réagir face à tant de décalage dans les valeurs, tant de foutage de gueule manifeste et décomplexé. Comment voulez-vous que dans une situation pareille on ne se mette à souhaiter le retour de la Grande Terreur? Je sais, j’exagère mais comment ne pas saisir l’énervement qui se fait jour, en Afrique du Nord, en Espagne, en Europe du Nord, en Grèce, face à tant de duplicité affichée sans vergogne par les dirigeants politiques de nos soi-disant « démocraties », chacun dans sa version locale? Le pire me concernant reste sans doute de savoir que nous sommes tous responsables. Responsables de continuer à faire confiance à des imbéciles corrompus, à des individus se barricadant derrière des titres qui eurent un jour du prestige et une valeur certaine, responsables de continuer à entretenir le petit jeu de nos oligarques en allant gentiment voter tous les 5 ans et en la fermant le reste du temps, leur accordant une légitimité dont ils ne sont – apparemment – pas dignes. Les plus cyniques d’entre vous me répondront qu’il n’y a rien à faire, que les choses ont toujours été ainsi et qu’elles le seront encore longtemps, qu’il faut bien que jeunesse se passe et qu’un jour moi aussi je me contenterai de la fermer et de m’occuper de ma petite vie dans mon coin en espérant que rien de dramatique ne me tombe dessus en attendant les prochaines vacances en Corse. Peut être. Qui sait? Ce que je sais, c’est que l’Histoire à tendance à se répéter. Et qu’il vient toujours un temps où des têtes tombent. Mais finissons cette première partie sur une anecdote: Capital (grand journal de qualité, ma’ame Michu) offrait il y a peu à ses lecteurs de faire un don à DSK dans sa prison de Rikers Island. Oui oui, un don. Je n’ai pas vraiment saisi pourquoi, mais un don néanmoins. Rappelez-moi le montant du loyer de la villa dans laquelle DSK se prélasse ces jours-ci en attendant la fin de l’enquête qui décidera du verdict? Hmmm, j’ai comme un arrière-goût de santorum dans la bouche rien qu’à y penser.

Mais passons. Je suis au Canada et ces histoires n’ont que peu d’influence sur ma vie quotidienne. Vous serez heureux d’apprendre que la semaine dernière fut non seulement particulièrement agréable me concernant, mais également pleine de surprises. J’ai notamment pu passer une de mes premières véritables journées d’été dehors, à la plage, à pêcher le crabe. Ce qui me valut 1) des coups de soleils particulièrement intenses 2) une rencontre impromptue avec un nudiste 3) la chance de pouvoir observer des oies, des loutres, un serpent, des aigles et un phoque (sans compter ma ration quotidienne de lapins, ratons-laveurs, biches et cerfs) et 4) une pêche fructueuse de deux crabes dormeurs que je me suis empressé de faire cuire une fois rentré à domicile.

La victime

Bon, ça m’a valu beaucoup de travail pour pas grand chose: après une bonne demi-heure passée à décortiquer le fruit de ma pêche, je me suis retrouvé avec juste assez pour me faire une entrée légère. Mais le jeu en valait la chandelle: rien de mieux que de dévorer à pleine dents ce que vous avez réussi à arracher à la nature de vos propres mains.

1, 2, 3, préparez vos casse-crabes!

Pour finir, dernière nouvelle en date, vous avez sans doute entendu parler de l’Enlèvement de l’Eglise, ou plus simplement « Rapture » en anglais. Peut être pas. Quoi qu’il en soit, un illuminé parmi tant d’autres, Harold Camping, avait calculé que cet Enlèvement se produirait le 21 mai. Pour faire simple, cet évènement est censé être l’enlèvement physique par Dieu des Justes de la surface du globe, suivi de près par l’Apocalypse comme de bien entendu, avec son panthéon de démons prenant possession de la Terre, et tout le tintouin millénariste s’ensuivant, avec la bataille finale du Christ et de l’Antéchrist instaurant le règne de Dieu pour 1000 ans bla bla bla. Malheureusement pour Camping (qui ne doit pas en faire souvent), le 21 mai s’est déroulé sans anicroches, mis à part une certaine gueule de bois me concernant, mais rien de véritablement grave. Cependant, n’ayez crainte citoyens! Tenez-vous bien, interrogé plus tard, Camping déclara qu’un jugement spirituel avait véritablement eut lieu et que l’enlèvement physique se produirait le 21 octobre 2011. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai l’intuition que le prochain Halloween va être hilarant…

Voilà. C’en est fini de la chronique de cette semaine. Mais avant de vous laisser pour quelques jours, j’aimerai instaurer une nouvelle tradition: le mot de la semaine. Il n’est pas une semaine où je ne découvre ou re-découvre un mot peut usité, drôle ou tout simplement valant le détour. Le mot de cette semaine est donc: superfétatoire. Il va sans dire qu’il est de votre ressort de vous adresser à qui de droit pour la définition…

 Et pour la route, un magnifique hommage à Johnny Cash.

Publicités

6 Réponses

  1. mam'

    Sans vouloir me substituer à l’honorable Virgule, que tu connais j’espère, je me permets de te dire qu’avant de s’occuper de superfétatoire, il conviendrait de revenir sur « incrémentale »(cf. le retour en grande pompe) qui est inexact… puisque le terme juste est incrémentiel(le). Et pour ceux qui n’ont pas eu le courage l’aller ouvrir leur dictionnaire, l’occasion pour eux, de s’y précipiter.
    Dans ton cas, je ne doute pas que cette légère confusion soit due à l’utilisation, quoique parfaitement maitrisée, des deux langues…

    about DSK… franchement, pourquoi ne pas afficher le même dédain que tu voudrais voir chez d’autres dans certains cas?… tes petits (pardon gros!!)crabes et ta musique sont plus sympathiques, et tu m’as même rendue fan de J. Cash

    Allez, on peut se dire maintenant « à bientôt » youpiiii!!!!

    mai 30, 2011 à 7:21

  2. paule

    superfétatoire!…hum! voyons,voyons;
    ne serait-ce pas un mot qui te met en grande joie car, il pourrait à s’y méprendre vouloir dire: » de quelque chose qui doit être super fêté…gueule de bois obligatoire ».
    indécrotable marraine!!
    mais si on se réfère à la définition du dico; c’est bien ce que je disais »parfaitement superflu »(la gueule de bois bien sûr)

    quant à dsk, je comptais justement sur toi pour ne pas en parler,j’allais sur ton blog pour échapper au x ième article là dessus, et paf! retartine!
    superfétatoire est décidement le mot de circonstance.
    en parlant de tartine j’aurais bien mis tes crabes sur la mienne.miam,slurp!
    d’autant plus que cette année nous n’irons pas à quiberon (l’annonce de la fin du monde sans doute!)et donc francois ne nous en ramenera pas de sa pêche.

    gros bisous

    mai 31, 2011 à 4:33

  3. designwontsavetheworld

    Tellement fan de Johnny qu’on se l’est farci pendant tout le voyage Dijon-Normandie, aller et retour !! Non, mais c’est pas grave, je préfère ça aux chants du Chemin Neuf haha
    Heureusement j’ai encore un peu de temps pour me passer des crabes, je suis pas encore totalement végétarienne…. mais bon c’est gentil un crabe quand même et ça ne vaut pas trop le coup vu ce qu’il y a à manger dedans… pauv’ bête !
    Bisous

    juin 1, 2011 à 8:46

    • exactement ce que j’allais dire, au moins ça change du Chemin Neuf ^^
      J’ai pas eu trop de scrupules à mettre les crabes à la marmite, surtout quand mon coloc’ m’a dit que la meilleure façon de tuer le crabe est de le mettre sur le dos, de lui défoncer la carapace juste sous la bouche avec un objet pointu ce qui permet de séparer les entrailles de la chair avant même de le cuire… J’avais pas très envie d’essayer mais j’ai pu observer le processus depuis lors grâce à un gamin qui pêchait le crabe pas très loin de chez moi et effectivement, c’est plus pratique pour transporter le fruit de ta pêche quand tu en as attrapé beaucoup…

      juin 3, 2011 à 6:34

  4. Granny

    qui est donc ce DSK dont tout le monde parle ?

    ne vous fiez pas aux crabes canadiens, qui semblent un peu rachitiques
    venez en normandie, il y a des tourteaux dont vous me direz des nouvelles,
    après les bisous alsaciens et les franciliens,voici les normands !

    juin 2, 2011 à 10:10

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s