Un maudit français au pays des castors

Coïncidences

Cela fait maintenant 3 jours que je suis assigné à résidence par la grippe. La fièvre est enfin tombée et je n’ai « plus qu’à » me coltiner des amygdales comme des pastèques qui m’empêcheraient presque de parler si j’avais qui que ce soit à qui adresser la parole. Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas été malade à ce point, perclus de courbatures et transformant mon lit en baignoire à grands coups de suées. C’est étonnant, juste comme la dernière fois, je suis tombé malade sur mes jours de repos. Manque de pot cette fois, je vais tout de même devoir sacrifier un jour de travail (peut être deux, on verra d’ici dimanche), je suis tout simplement incapable de procéder à une quelconque interaction sociale. Heureusement, un ange venu d’Irlande m’a apporté du thé délicieux et de l’oscillococcinum; je ne sais pas vraiment si ça a contribué à l’amélioration de mon état, en tout cas ça ne l’a pas fait empirer.

Au delà du médicament, je reste persuadé que le traitement consiste… en la maladie. Je crois profondément – et pour diverse raisons – qu’une maladie  est presque toujours en relation avec un trouble psychosomatique et s’affiche plus comme un symptôme d’un mal plus profond qu’autre chose. Je ne nie pas le fait que la fatigue, un régime alimentaire déséquilibré, la pollution, associés à la confrontation à diverses bactéries ou virus, sont des causes de maladie. Il est des infections qui n’ont d’ailleurs rien de psychosomatique, telles que les MST/IST ou encore la paludisme, etc… Cependant, pour la grande majorité des « petites » (et parfois grosses) infections qui nous concernent tous à un moment donné, je reste convaincu que l’aspect psychosomatique est crucial et que la maladie, plutôt qu’un mal à vaincre, est un mal nécessaire forçant le malade à entamer un processus de guérison globale (psychologique et physique) qu’il n’aurait pas débuté autrement. Bien que nous soyons faits de chair et d’os, nous savons pertinemment que notre connaissance du cerveau humain et de ses capacités extraordinaires est plus que limitée. Or, nous évoluons dans une société qui a préféré la séparation à l’unité il y a de cela quelques siècles désormais, séparant drastiquement le psychologique du physique, tout en reconnaissant l’influence de l’un sur l’autre et vice-versa mais sans jamais procéder à une réunification des deux sphères de manière fructueuse dans le traitement de la maladie, et ce malgré de nombreuses tentatives.

De manière générale, la même observation pourrait être faite concernant la société dans son ensemble. La démission de la religion comme vecteur de spiritualité et le bannissement ou la profanation des psychotropes (les deux se constituant en portes d’accès au sacré, c’est-à-dire à une réalité alternative ancrée dans le subconscient collectif), sans compter une philosophie de l’absence de risque et une biopolitique poussant à la crainte vis-à-vis de tout type de comportement non référencé, non hiérarchisé ou non planifié (bref du concept de la fête sacrée, tel que le carnaval médiéval) nous ont mis face à un vide de sens auquel les derniers avatars des grandes religions se sont empressés d’adhérer par peur de disparaître. Il semble qu’il ne reste rien à l’heure actuelle qui puisse nous permettre de refonder cette unité nécessaire à un cosmos (qu’il soit individuel, collectif ou universel) équilibré, si ce n’est un retour radical à l’expérience du sauvage. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’augmentation du nombre de cancers et de diverses maladies dont nous ne connaissons pour le moment pas la cause sont liées uniquement à cette séparation radicale; l’économie capitaliste, sa capacité intrinsèque à la pollution et son soucis du rendement nous gavant de produits de mauvaise qualité, bourrés aux antibiotiques et farcis d’OGM dont pas un pékin n’est capable de définir l’absence ou non de nocivité, est sans doute autant responsable de la crise sanitaire dans laquelle nous nous enfonçons plus profondément chaque jour. Le surpeuplement a sans aucun doute un effet sur la question également (vous avouerez néanmoins qu’après avoir vécu à Paris pendant 5 ans, pris le métro quasi-quotidiennement, évolué dans des densités de population peu recommandables et avoir réussi à échapper à la grippe tout ce temps, c’est un peu fort de roquefort que je la choppe dans un endroit aussi paumé que Victoria…). Néanmoins, il serait peu opportun de mettre le psychologique au placard. N’est-il pas d’ailleurs un certain nombre de cultures où les troubles physiques, perçus comme étant d’origine surnaturelle, sont soignés – avec succès – par des cocktails de psychotropes associés à des chants et la prééminence d’une guérison intérieure? Tout cela pour dire que je ne doute pas un seul instant du caractère bénéfique de ma maladie. Reste à savoir si je vais réussir ou non à guérir le déséquilibre intérieur par moi-même ou si le processus sera plus long… Alors thé, méditation, sommeil, jeun et ganja, le tout au soleil.

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6 Réponses

  1. designwontsavetheworld

    Du coup tu peux aussi en profiter pour skyper 😉
    bisous

    juin 3, 2011 à 7:51

  2. je peux pas parler aujourd’hui. Mais dans les prochains jours si tu veux.

    juin 3, 2011 à 8:00

  3. mam'

    bien que tout à fait d’accord avec la première partie de ton argumentation, il serait plus que sage dans ton cas d’écarter une angine bactérienne pouvant évoluer sur un RAA, car psychosomatique ou pas la conséquence est grave, alors tu nous appelles durant le we, demain soir nous sommes là, histoire de voir si tu dois faire la dépense ou non d’une consultation médicale et/ou d’un test.
    à bientôt, et si tu ne peux vraiment pas parler on se débrouillera autrement.

    Maintenant si tu veux approfondir sur le sujet, j’ai lu deux ouvrages très intéressants écrits chacun par un médecin.

    juin 3, 2011 à 8:30

  4. je dois déjà appeler martin demain, je vous appellerai dans la foulée. J’avais prévu d’aller chez le médecin demain si je ne vois pas d’amélioration au réveil de toute manière.

    juin 4, 2011 à 4:05

  5. paule

    ormis le couplet psychotrope,je partage assez ta démarche face à la maladie et ses aspects perplexes(choper la grippe alors que tu vis bien plus isolé qu’à Paris).
    il s’agit bien de notre état receptif et nous ignorons notre psychique puisque cela participe d’un travail inconscient.pour autant se fier à ses ressentis et en approfondir l’expérience au fil des années permet l’ébauche d’un commencement de compréhension.
    et comme je suis ta marraine puis-je exprimer ma tristesse que tu mettes le domaine de la Foi dans le même sac que l’utilisation des psychotropes:la Foi ne doit-elle pas nous ouvrir aux autres(et vivre avec les autres participe à notre harmonie),les psychotropes ne nous enferment-ils pas sur le plaisir immédiat et solitaire?
    enfin tu vas me dire que n’en ayant pas fait l’expérience je ne sais pas de quoi je parle, ce qui n’est pas tout à fait faux.mais au fait, derrière psychotrope tu mets bien la consommation de canabis?
    indépendemment de ce produit, je mets derrière psychotrope aussi des médicaments;j’ai eu à en prendre il y a 10 ans environ et me suis jurée de ne plus jamais y avoir recours:car cela m’a complétement déconnectée de moi-même et de mon libre arbitre, cela m’a rendu moins chiante sans doute et a en partie et momentannément résolu la crise (d’ordre conjugale)mais au final ce n’était que l’ombre de moi-même.
    par contre m’astreindre à la « meditation  » sur le sens sacrementale de mon mariage(en toute petite dose mais avec le désir sincère d’avancer et en mettant toute ma confiance dans le dessein du seigneur)m’a sans doute mis dans une position de lâcher prise.et là, oh miracle, les situations se délient un peu, avancent. ce travail de méditation ne se fait pas seul, s’appuyer sur des discussions entre amis, soeurs,collègues qui permettent un échange d’expériences, aide.
    on ne maîtrise rien tout seul, on a besoin des autres et de leur écoute ,un partage d’expérience vaut bien mieux qu’un conseil.
    on peut vivre cela en dehors de la religion je suis bien d’accord.on ne vit pas cela chouté aux psychotropes (vu de ma place en tout cas)
    mais laissons là ce débat, j’ai assisté à une journée de formation la semaine dernière où on m’a reparlé de l’haptonomie (science de l’affectivité)a travers le témoignage d’une psy(chologue, chanalyste)qui a choisi le terrain de l’haptopsychothérapie.son témoignage je l’ai reçu 5/5 quand elle a parlé de l’écoute des ressentis .ce que l’on ressent doit faire autorité sur nos actes, et un ressenti non intellectualisé debouche sur une pratique, une réponse juste au regard de la relation empathique du soignant ou de l’accueillant(la base de mon travail et de ma vie se situe dans l’accueil).

    porte toi mieux, guéri lentement mais sûrment
    bisous

    juin 4, 2011 à 7:39

  6. Je ne crois pas qu’on parle de la même chose en terme de psychotropes. J’aurai du utiliser le terme « enthéogène », ça aurait été plus juste. Néanmoins, ton commentaire dénote exactement de ce que je mentionnais dans l’article: une connaissance floue, une expérience inexistante, une crainte de réflexe le tout enrobé dans des « on-dit » vis-à-vis de ce sujet. Ca n’est sans doute pas entièrement de ta faute. Malheureusement, il semble qu’en France, ce soit ce type de discours qui soit dominant. Ne le prends pas mal mais imagine, un mécanicien qui viendrait te faire des leçons de médecine sous prétexte qu’après tout, le corps humain est aussi une mécanique? Ca fait un peu le même effet. Le produit en lui-même n’est rien, tout dépend de l’utilisation qui en est faite. Je t’enjoins très sincèrement à te renseigner sur l’ayahuasca, c’est notamment à ce psychotrope là que je faisais allusion. Par contre, je refuse de considérer des médicaments du commerce sur le même plan que les enthéogènes. Notamment parce qu’un anti-dépresseur n’a pas pour but d’ouvrir les portes de ton esprit mais de t’assommer un bon coup pour t’empêcher de trop réfléchir. Si une substance psychotrope ne te permet pas d’atteindre un état de bien être physique et spirituel similaire à celui atteignable par la méditation ou la prière, pour moi ça n’est pas un enthéogène donc poubelle.
    Maintenant, oui, je faisais en partie référence à l’utilisation du cannabis pour 3 raisons essentielles:
    – 1) c’est un analgésique efficace et facilement disponible dont tu n’as pas à te soucier de limiter les doses comme pour l’ibuprofène ou le paracétamol.
    -2) c’est un anti-spasmodique et plus généralement un relaxant; or notamment dans les cas d’angines, les douleurs au niveau de la gorge sont accentuées par une contraction souvent involontaire des muscles des épaules et du cou.
    – 3) comme je le disais précédemment, c’est un enthéogène et je n’ai jamais entendu dire que la bonne humeur soit nocive à un malade. Ne dit-on pas que le rire est la meilleure des médecines? Je n’ai pour le moment pas les moyens de me payer un clown…

    Quant au domaine de la foi, c’est la même chose; tout dépend de l’usage que tu en fais. Elle peut ouvrir, comme fermer, la porte aux autres. D’autre part, je ne suis pas le premier à établir un lien entre l’expérience mystique et la consommation de psychotropes, d’où le terme « enthéogène » d’ailleurs. Chacun sa route, chacun son chemin comme disait l’autre. On se retrouve tous à la ligne d’arrivée quoi qu’il arrive.

    juin 4, 2011 à 4:29

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