Un maudit français au pays des castors

Presque un mois, déjà!

Quoi? Déjà le 21 juillet???? Mais, mais… j’ai dormi ou quoi? Presque un mois que je n’ai pas publié! Que voulez-vous, entre le séjour de mes parents, le travail, des anniversaires, la maison, un deuxième boulot, et jusqu’à hier 3 jours de camping en compagnie d’un ami brésilien, j’ai eu peu de temps à consacrer au blog . Mais me voilà de retour!

Je ne m’étendrai pas trop sur la visite de mes parents; ce fut très agréable de voir de la famille après ces 8-9 mois à l’étranger et le week end en question fut court mais plein de bons moments, dont une marche de 5 heures dans le parc naturel de East Sooke, à l’ouest de Victoria, que j’avais déjà exploré auparavant avec des amis et qui permet de faire de belles balades en bord de mer ainsi que dans les profondeurs de la forêt typique de la région, entre forêt tempérée humide (rainforest comme on dit en anglais) et végétation méditerranéenne. La dégustation de Fish & Chips a bien entendu été de mise également, avec une visite par la plage à côté de chez moi qui m’a laissé « estropié » après m’être fait pincé par un crabe n’ayant pas aimé que je le sorte de l’eau. Rien de grave, bien heureusement, puisque ces troubles ont été noyés par un restaurant de fruits de mer qui a rappelé à maman à quel point manger du crabe était peu pratique, même si ça en valait la peine…

Puis, après le départ, tout est venu très vite; une journée de formation (que j’avais déjà eu en février, mais ça fait toujours du bien de se faire rappeler les bases) pour mon second/ex-boulot;  la célébration de l’anniversaire d’une collègue, évènement qui m’a rappelé que les Canadiens – de manière générale – tiennent bien mal l’alcool; et enfin les quelques préparatifs pour ce camping de 3 jours et 3 nuits sur Galiano Island.

Enfin, le jour du départ est arrivé; la journée promettait d’être longue puisque je devais aller marcher le matin aux alentours de 11h avec mes  compagnons de marche habituels, avant d’aller prendre le ferry à 18h30 qui m’amènerait à Galiano Island pour débuter ces 3 jours aux alentours de 21h le dimanche soir. Notre conducteur attitré étant tombé malade, la marche fut annulée ce qui me permit de me consacrer à mes préparatifs pour le camping, notamment la nourriture, sachant que Lucas – mon compagnon de voyage – est végétalien (ce qui ne l’empêchera pas de se régaler avec mes shortbreads, bien que bourrés de beurre). Premier soucis: pas de tente. Je devais m’en faire prêter une le dimanche, mais la personne devant me la prêter n’étant pas digne de confiance, je me retrouvais à partir vers le ferry sans cet équipement (pas toujours) indispensable. Qu’importe, Lucas comme moi pensâmes que nous pourrions nous débrouiller sans. Pari gagnant. Ainsi donc, je pris le ferry à 18h45 le dimanche soir et arrivait à Galiano Island à 21h, où Lucas m’attendait, étant arrivé le matin même. De là, les festivités débutèrent, à commencer par une petite marche en direction du camping de Montague Harbour afin d’y passer la première nuit. Galiano Island étant assez bien organisée, il existe un ancien bus scolaire appartenant au bar du village qui emprunte la route principale tous les soirs à intervalles réguliers, afin de reconduire chez eux les habitants ayant bu. Nous trouvant sur sa route, il s’arrêta et nous conduisit jusqu’à l’entrée du camping, nous épargnant une petite heure de marche et surtout de grimpe, l’île étant assez dénivelée. Arrivés au camping, nous marchâmes encore un peu afin de trouver un emplacement en dehors du dit camping, pour être tranquille et surtout parce que payer pour dormir nous semblait légèrement antinomique au concept même de camping. Fort heureusement, nous trouvâmes une magnifique plage dont le sol, composé de débris de coquillages accumulés par des millénaires de présence humaine (le camping étant situé sur l’emplacement d’un ancien village indigène), très blanc, rendait la nuit plus claire qu’elle ne l’était déjà. Nous fîmes donc du feu, mangeâmes légèrement, dépliâmes nos sacs de couchages de part et d’autre du foyer et nous endormîmes sous les étoiles brillant au firmament.

Le matin du second jour, nous fumes réveillés assez tôt par la lumière du soleil (se levant vers 5h30), nous permettant – après un déjeuner frugal – de nous remettre en route. Destination le marché, afin de compléter nos provisions, Lucas n’ayant pas amené particulièrement de nourriture. Nous fûmes pris en stop par un pick up qui nous déposa au marché en question où nous fîmes le plein de granola, miel, beurre de cacahuète, pain, légumes et bière. Puis direction la partie centrale de l’île, un petit lac ayant attiré notre regard sur la carte. Deux conducteurs nous ayant pris en stop de manière consécutive, nous y arrivâmes assez rapidement, en début d’après-midi. Nous apercevant que le lac en lui-même était bien moins beau (et surtout impossible à circonscrire à pied) que ce que nous attendions, nous décidâmes de partir dans l’autre sens, c’est-à-dire à travers la forêt en direction de la plage Pebble Beach sur la face est de l’île. Nous mîmes moins d’une heure pour y accéder, ce qui nous donna du coeur au ventre quant à nos capacités à nous déplacer rapidement sans autre moyen de locomotion. Arrivés à la plage, nous nous y arrêtâmes quelques heures, le temps de déjeuner, profiter du soleil, boire quelques bières et de manière générale nous relaxer. Puis, la journée avançant, nous nous remîmes en marche, le long de la plage cette fois-ci, les galets ayant fait place à des étendues de roche crayeuse sculptée par les marées. Scrutant les bois, nous essayâmes de trouver un chemin nous ramenant vers la route, sans succès, nous poussant à camper dans un renfoncement de la plage, afin d’échapper à la marée montante, qui nous encercla bientôt pour la majeure partie de la nuit. Une fois installée, nous fîmes cette fois encore un petit feu, grillâmes des épis de maïs, appréciâmes des sandwichs avocat-tomates et nous régalâmes de rhubarbe avant d’opter pour un sommeil bien mérité, moi juché dans mon hamac suspendu à un arbre au dessus des rochers, lui à même le sol au coin du feu. Bien que nous pûmes assister au lever d’une lune énorme et rousse juste devant nos yeux, cette seconde nuit s’avèra bien moins agréable que la première, du fait d’une grande humidité pour Lucas, d’un sommeil agité pour moi n’ayant pas assez tendu mon hamac, et d’un lever de soleil exactement face à nous à 5h du matin qui, bien qu’étant agréable, écourta de manière significative notre sommeil déjà léger.

Qu’importe; la marée étant redescendue au cours de la nuit, nous fûmes sur pieds dès 7h (pour moi, 5h pour Lucas) et nous nous remîmes en route à 8h. La première heure s’avéra particulièrement exigeante, du fait d’un terrain très glissant, nous obligeant à plusieurs moment à escalader, sac au dos, des talus menaçant de s’écrouler sous notre poids pour atteindre la forêt et nous débattre dans les branchages afin d’éviter de finir dans l’eau. Nous finîmes néanmoins par trouver une propriété en bordure de mer dont nous suivîmes la route privée pour enfin retrouver un semblant de route devant nous amener, d’une manière ou d’une autre à Dionisio Point, un parc naturel censé n’être accessible que par la mer. Arrivés sur la route déserte vers 9h45 nous continuâmes donc vers le nord, jusqu’à une barrière de métal, après laquelle la route avait apparemment été laissée à l’abandon. Nous continuâmes néanmoins, toujours vers le nord, sur l’asphalte rongé par la végétation, au milieu des plantes hautes de part et d’autre. Ce fut sur cette petit portion de bitume que nous vîmes notre premier serpent de la journée. Immobile, il se laissa prendre longtemps en photo avant de disparaître en ondulation au milieu des herbes jaunes. Enfin, la route abandonnée parvint à l’orée du parc et nous laissâmes l’asphalte pour le chemin de forêt, redescendant vers la mer. Il ne fut pas long avant de rencontrer d’autres être humains, plusieurs campings ayant été installés au sein de ce parc. Anecdote amusante, ce parc étant sensé être accessible uniquement par la mer, aucune des cartes de l’île ne mentionne les routes qui y mènent. Rencontrant un agent du parc, nous lui demandâmes donc comment retrouver la route, ce à quoi elle nous répondit qu’elle ne pouvait nous aider, ayant l’interdiction formelle de nous donner ces renseignements (les routes amenant au parc étant interdites ou privées) et qu’il nous faudrait trouver une issue par nous-même. Challenge accepted. Nous finîmes par nous diriger vers la pointe nord du parc où je pus observer un grand nombre de serpents (dont un noir très gros qui fut bien plus effrayé par ma présence que moi par la sienne) pendant que Lucas calmait un mal de ventre par une sieste au soleil. Puis, après une petite heure de sieste, nous repartîmes dans les profondeurs du parc dans l’hypothétique direction d’une route nous ramenant vers le sud. Nous finîmes par en trouver une, nous perdre légèrement en chemin avant de demander la direction à un québécois fraîchement installé sur l’île, pour finir par arriver une heure et demi plus tard à la route principale où nous fûmes pris en stop par un local qui nous ramena au carrefour où se situait le « corner store ». De là, après achat de humus, pain et cookies, nous repartîmes en direction de Mount Galiano cette fois, dans l’espoir de pouvoir arriver à son sommet et redescendre vers la plage avant la nuit tombée. Il nous fallut encore une bonne heure et demi de marche avant d’atteindre la bordure du parc et une autre heure et demi pour accéder au sommet, nous offrant une vue inoubliable, ultime récompense de cette journée d’effort. Puis, après quelques bières face à tant de beauté et du fait de la fraîcheur, nous redescendîmes vers la plage, espérant y trouver un endroit pour camper. Mais, encadrés par des propriétés privées de part et d’autre, ce fut peine perdue, des panneaux de ci de là nous informant de l’impossibilité ne serait-ce que de faire du feu, a fortiori de camper. C’est donc les jambes lourdes et le coeur au ventre que nous reprîmes notre route dans le sens inverse afin de retrouver le campement du premier soir. La nuit étant déjà tombée, nous marchâmes une petite heure jusque dans les environs de 22h30 avant d’être pris en stop par le conducteur du bus de l’avant veille, cette fois-ci à bord de sa propre voiture sur laquelle il avait monté deux phares de safari, la bagnole en question n’ayant plus ni feux avants, ni feux arrières. Ne voulant pas être vu aux abords du camping avec cette voiture de peur que la police ne lui confisque, il nous déposa au plus proche croisement, nous épargnant néanmoins une demi-heure supplémentaire de marche. Arrivés au campement, nous nous dirigeâmes cahin-caha vers le spot du premier soir où, vannés, nous nous contentâmes de déplier nos sacs de couchage sous les étoiles, nous y glisser et dormir du sommeil du bienheureux.

Puis la nuit tirant à sa fin, nous nous levâmes à 5h30 afin de s’assurer que nous pourrions être au port pour 8h30, heure à laquelle le ferry ramènerait Lucas vers Vancouver, le mien n’arrivant pas avant 11h55. Laissant donc mon compagnon reprendre sa route, je fis la rencontre d’un local (rencontré auparavant brièvement le dimanche soir, ils nous avait proposé de camper dans son jardin dans l’éventualité où nous serions coincés quelque part) avec qui j’eu le temps d’avoir de très intéressantes conversations autour d’un jeu d’échec, sur des sujets aussi variés que la politique ou la science fiction, l’individu en question étant programmeur informatique fan de technologie. Puis l’heure du départ survint pour ma propre personne et c’est presque à regret que je montais sur le ferry, me ramenant vers Victoria et le boulot. Une chose est sûre: je reviendrai!

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* * *

Voilà à peu près pour les nouvelles fraîches. Ce à quoi j’ajouterai que le mot de la semaine est FACONDE

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Une Réponse

  1. paule

    alors pour reprendre la mot du jour, ta faconde est la bienvenue, et je m’en vais de ce pas faire lire ton article à lucille qui ne maîtrise pas encore l’emploi du passé simple dans ses récits si j’en crois ses notes de français cette année; belle démonstration! bravo.
    nous en fûmes tout impréssionnés!!!!
    mon mot du jour à moi en fait plusieurs:
    « prologue de vacances »!!! rien de bien alambiqué….mais que c’est agréable!
    alors je pris ma voiture et nous roulâmes à peu près 2 heures en direction de Bavent…blabla, blabla;rien qui ne vaille la peine d’ouvrir un blog.
    trêve de plaisanterie ces premiers jours de vacances inaugurent 4 semaines de repos que j’attendais avec impatience. d’ici le 22 août je ne travaille que vendredi prochain.
    tes journées sauvages donnent envie, voilà de vraies et de belles échapées.
    continue à bien te porter
    bisous

    juillet 27, 2011 à 2:34

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