Un maudit français au pays des castors

It’s the final countdown.

Tadada daaaa tadadadada tadada daaaaaa tadadadadadada (à chanter sur l’air de « The Final Countdown » de Europe; mais si, vous connaissez)

Anyway, la fin de l’aventure en Colombie Britannique approche. La maison se vide de ses meubles qui finissent sur la pelouse afin d’être vendus au plus offrant. Je suis enfin en vacances depuis 3 jours maintenant et il ne me reste plus que 3 autres jours à Victoria avant de partir vers de lointaines contrées à l’Est. Quelque chose me dit que quoi que je fasse, il est fort probable que je ne profite pas autant que je l’aurais souhaité de la maison ces quelques derniers jours. Il reste tant à faire en si peu de temps: préparer les provisions pour le voyage, fignoler les derniers préparatifs, tout empaqueter dans un minimum d’espace, dire au-revoir aux connaissances victoriennes, profiter de la plage…

J’ai heureusement réussi à vendre mes deux vélos; petit calcul de retour de vacances pour les jeunes (et les moins jeunes) afin de se préparer à la rentrée: sachant que j’ai réussi à vendre le VTT pour une somme de $60, que j’ai pu vendre la bicyclette pour 2/5èmes du prix de départ du VTT (vendu avec une perte de 20%), et que j’ai souffert en tout une perte de 48,57% du prix total de départ:

– calculez le prix de départ de la bicyclette et le pourcentage de perte sur sa vente.

– calculez ce que j’aurai gagné si j’avais vendu sans pertes.

Je suis sûr qu’en ce qui concerne la majeure partie des lecteurs de ce blog, vous avez appris (un jour, sans doute lointain pour certain(e)s) les équations à deux inconnues. Mais étant moi-même incapable de me rappeler comment en résoudre une (et puis oh, ça va hein, je suis en vacances), je serai magnanime et vous éviterai ce supplice. Calculatrice scientifique interdite bien entendu.

Quoi qu’il en soit, je me suis promis de partir sans regrets mais quelque chose me dit que ce sera dur. Il est toujours plus difficile de partir d’une maison qui se vide et dont on sait qu’on ne la reverra sans doute jamais après l’avoir connu quelques années que de partir simplement d’un appartement ou d’une colocation dont on a été qu’un locataire temporaire. Cela fait maintenant 4 ans que je connais cette maison et même si je n’y ai pas mis les pieds pendant deux années, j’y ai tout de même des souvenirs depuis mes premiers mois au Canada lors de mon séjour à l’étranger. Je n’ose même pas imaginer ce que cette maison représente pour Jeff, mon colocataire qui y a passé à peu près un tiers de son existence, c’est-à-dire depuis sa première année à l’université jusqu’à maintenant.

D’une certaine manière, c’est aussi un apprentissage de la liberté. Comme le disait l’arrière grand-mère Pillet, « faut pas s’attacher aux murs ». Tout change, rien ne subsiste jamais en l’état, c’est l’une des lois fondamentales de la physique et nous en sommes la preuve vivante. C’est sans doute une (parmi de nombreuses autres) leçon de vie et il ne tient qu’à chacun de l’accepter et d’y trouver un peu de sagesse ou de la rejeter et en faire une source de crispation et d’infortune. Elle est nécessaire néanmoins et de son acceptation dépend la tranquillité de l’esprit puisqu’elle ne fait que nous rappeler à notre condition mortelle. C’est sans doute en cela qu’une expérience est à même de toucher profondément à ce que nous sommes; n’est-ce pas d’ailleurs le but même de la philosophie, dans ce qu’elle a de plus beau? Nous apprendre à vivre en harmonie avec ce que l’âge et le monde attend de nous en gardant en l’esprit que ce que l’un considère comme une fin, l’autre le considère comme changement et qu’il ne tient qu’à nous de choisir notre camp. Nous sommes éphémères et c’est tant mieux, car que serait le voyage sans la destination – même hypothétique – vers laquelle tendre? La vie éternelle elle-même comme croyance n’est libératrice que pour celui qui a peur de la mort; il est à parier que pour beaucoup, cette dernière est et sera douloureuse. Elle n’en est pas moins une nécessité et la raison même de ce qui nous entoure. Et c’est seulement soulagé par cette certitude que nous pouvons nous atteler chaque jour à réapprendre comment apprécier notre existence de la meilleure manière possible.

En ce qui me concerne, je suis persuadé que cette « meilleure manière possible » est… la paresse. Il me semble même que toute sagesse (quelle que soit la tradition à laquelle elle se rattache) reconnue comme telle professe cette notion. Entendons-nous bien: la paresse est la combinaison de deux choses, la flemme et l’intelligence. Son principe est simple, dépenser le moins d’énergie possible. C’est, ce me semble, la meilleure des disciplines, particulièrement dans notre monde. On pourrait aussi la nommer « résistance non-violente » et je crois fermement que tout (ou presque) peut être assujetti à une lecture en ces termes. Cette grille de lecture a d’ailleurs un grand avantage: elle lie le physique et le spirituel. Prenons un exemple: « tendre l’autre joue ». On peut considérer cette maxime selon plusieurs grilles d’analyse: il est bon de ne pas résister à la force par la force, puisque l’on sait très bien (et c’est un des nombreux problèmes des théories révolutionnaires) que l’usage d’une force entraîne la résistance d’une force qui tend à être égale ou supérieure à la première (entraînant à terme une course effrénée à la puissance jugée maximale); la miséricorde et le pardon sont moralement plus acceptables que la loi du Talion; en termes utilitaristes, le bien-être d’un individu ne doit pas compromettre celui de ses congénères et répondre à la force par la force est source de conflits; ou bien on peut aussi considérer qu’il est inutile de dépenser de l’énergie à résister, puisque cette dépense d’énergie en appellera une autre d’intensité égale (troisième loi de Newton) ou supérieure, elle-même en entraînant une autre, etc… Or, on sait qu’une des autres lois générales dans la nature est que les organismes vivants essaient généralement de stocker de l’énergie et d’éviter d’en dépenser puisque c’est la dépense d’énergie elle-même qui est la cause de l’endommagement de notre organisme – sans compter qu’elle entraîne la fatigue qui nous pousse à dépenser encore plus d’énergie pour en ré-acquérir. Ainsi, et de manière naturelle, le corps d’un sportif va se modifier en réaction à l’effort afin de tendre vers l’état dans lequel il pourra produire le même effet par un moindre effort (donc en dépensant moins d’énergie).

Ainsi, outre le côté moralement bénéfique de l’exemple cité ci-dessus, il possède un avantage en termes physiques puisqu’il est susceptible – si suivi – de favoriser la conservation de soi.

On pourrait prendre un deuxième exemple, plus large, et sans aucun doute lié à l’image que l’on donne à la sagesse: la méditation. Qu’est-ce que la méditation après tout? Une des choses les plus dures à atteindre dans notre monde contemporain: l’absence totale d’agitation; à tel point que nous puissions être capables de descendre au plus profond de nous-même et de notre conscience. Cet exemple ne parle-t-il pas de lui-même?

Essayez de trouver une autre incarnation de sagesse et d’examiner les conséquences d’une maxime en termes énergétiques. Je suis sûr que vous serez surpri(se)s. Pas de hasard à ce que la décroissance constitue à mes yeux le but à atteindre.

Comme j’en vois au fond de la salle qui commencent à somnoler sur les radiateurs – je ne ferai pas mention des avions en papier que j’ai entendu voler derrière mon dos – je vais m’arrêter là. Pour la prochaine fois, vous me ferez un rapport détaillé de la définition de « fjed ». Ca vous apprendra, galopins.

Musique!

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