Un maudit français au pays des castors

Pour vous éviter la crise d’apoplexie…

… puisque j’imagine, dans un élan d’orgueil démesuré, que vous attendez toutes et tous, la langue ballante (et non pas balante, à moins que l’un(e) d’entre vous ne vive en Afrique de l’Ouest), le nez collé à votre écran d’ordinateur et les neurones en folie, que je daigne enfin – dans ma grande bonté – vous donner des nouvelles fraîches.

Banco. Sauf que ce seront des nouvelles moins fraîches que prévu. Je m’en vais donc vous conter mon périple transcanadien au volant de la belle voiture bleue que vous pourrez apercevoir sur les photos.

Mais d’abord, les chiffres du voyage:

5227 kilomètres. 8 jours et 7 nuits. 5 passagers.  6 villes. 2061,13$. Un porc épic.

Ma description du voyage sera malheureusement plutôt courte, étant donné qu’ayant passé la majeure partie de mon temps à conduire, j’ai peu pris de notes au moment du voyage en lui-même.

Je partis donc le mercerdi 31 août, aux alentours de 6h30 de la belle maison dans laquelle j’avais passé les 6 mois et demi précédents, non sans quelques regrets. Mais une maison vide étant toujours moins attrayante, il me suffit de ne pas trop regarder en arrière, et le malaise disparut bien vite. Je ramassai trois personnes en chemin: Jennifer – avec qui j’avais travaillé au Fish & Chips – en partance pour Lacombe, Alberta, avant de retourner en Finlande où elle avait fait ses études; Dallas, un illustre inconnu que j’avais accepté de conduire à Kelowna; et Suzi, qui allait m’accompagner jusqu’à Winnipeg, c’est-à-dire une bonne partie du chemin, jeune vagabonde à l’esprit libre et d’une grande beauté. Une fois tout ce petit monde ramassé, nous nous mîmes en route pour attraper le ferry de 9h. Nous réussîmes à cacher Suzi sous les sacs et autres couvertures sur un des sièges arrières afin de payer un passager de moins, ce qui se fit sans problèmes grâce aux tonnes d’affaires que nous emmenions avec nous. Débarqués à Vancouver vers 10h45, la longue route débuta. La sortie de l’agglomération fut longue mais nous rejoignîmes bientôt la chaîne de montagnes nommé Kootenays, au sud des Rocheuses. Que dire, si ce n’est que les paysages étaient de toute beauté. Ces montagnes sont légèrement moins élevées que les Rocheuses mais les cols se succédèrent néanmoins les uns aux autres jusqu’à ce que nous atteignîmes la région de Kelowna, sur les bords du lac Okenagan. Après avoir déposé Jenn chez sa tante pour la nuit à Peachland sur la rive ouest du lac aux alentours de 16h30, je lâchais Dallas et Suzi respectivement au centre commercial et chez une amie avant de prendre la direction du vignoble Summerhill, au sud de la ville où je devais dormir pour la nuit. Arrivé chez mon hôte, je ne fus pas déçu. La hippie que j’avais cru déceler entre les lignes que nous avions échangé sur le site Couchsurfing.com s’avéra être bien plus extrême que je ne le pensais, mais sans que ça ne soit négatif. Pour vous dresser un tableau rapide, cette jeune femme (d’une bonne quarantaine d’années a priori) vit dans un trailer (genre de préconstruit entre la caravane et le mobil-home) sur une côte du vignoble environ 6 mois par an, passant le reste du temps en Inde; végétalienne, elle gagne sa vie en organisant des séances de guérison par le son et les vibrations en Inde et dans la pyramide du vignoble. Elle est bien sûr passionnée par les cristaux (chose très en vogue chez les hippies de la côte ouest, parfois au point d’en être horripilant) et est « prof » de yoga. Je n’eus pas à me plaindre de l’accueil, bien au contraire. Manger végétalien fut une très bonne chose, elle me donna par la même occasion un grand nombre de bouquins de recettes végétariennes, sur le yoga, … sans compter la visite du vignoble.
Justement, ce vignoble; je vous parlais précédemment d’une pyramide, grande attraction si je puis dire de l’endroit. De la façon dont cela me fut expliqué, il s’est avéré qu’après test auprès de goûteurs professionnels, le propriétaire du vignoble s’aperçut que les vins qu’il avait fait fermenter dans un bâtiment pyramidal étaient plus appréciés des goûteurs, ce qui lui donna l’idée d’ériger une pyramide en pierre blanche d’une bonne dizaine de mètres de hauteur, à l’intérieur de laquelle il placerait ses fûts pour la fermentation du vin. Sequoia (mon hôte), me fit donc visiter la pyramide en question, afin de me montrer également son installation musicale à l’intérieur et me faire une petite démonstration de ses dons. Puis elle m’emmena, avec un de ses amis rencontré quelques minutes auparavant sur le vignoble, dans une sorte de cabane mi-enfouie, construite une dizaine d’année auparavant suivant le modèle de constructions autochtones du même genre où se tenaient les cérémonies d’hiver. Presque imperceptible du dehors, cette construction (dont j’ai oublié le nom traditionnel) semble gigantesque du dedans, possédant une acoustique étonnante et la capacité de faire du feu au milieu.
Puis nous rentrâmes sur son petit bout de terrain, et la nuit étant tombé, nous nous séparâmes pour dormir dans nos lits respectifs; elle, sur le balcon de son trailer; moi dans son van bleu, avec la consigne explicite de ne pas la déranger le lendemain matin. En effet, Sequoia a un mode de vie bien particulier. Elle est levée tous les matins aux alentours de 5h. Elle enchaîne tout de suite avec deux heures de méditation puis une heure et demi de yoga intense. A la suite de quoi, elle peut enfin commencer ses activités quotidiennes. Ce qui ne m’empêcha pas de vaquer à mes occupations le lendemain matin, mais en silence. Je ne m’éternisai pas de toute manière, ayant prévenu Jenn que j’irai la chercher aux alentours de 10h, après avoir pris Suzi en chemin. Ainsi, après un court passage par le vignoble pour acquérir une bouteille de vin destinée aux Goubsky, je fis mes adieux à Sequoia et repris la route. Après un court détour par Peachland, nous repartîmes en direction de Nelson, prochaine étape du voyage.

La vue du van.

La route, ce jour-là encore, fut magnifique, ses lacets dévoilant de nouveaux paysages à chaque tournant.

Nous nous arrêtâmes en chemin le temps d’une demi-heure afin d’admirer un pont (ancien pour la région, construit quelque part dans les années 1920) passant au-dessous d’une rivières aux reflets d’émeraude. Cela permit également à Suzi de m’expliquer, à l’occasion du passage d’un train de marchandises à quelques pas de nous, comment « train-hop-er », c’est-à-dire sauter sur un train en marche et voyager ainsi aux frais de la princesse, tout en ne mettant pas sa vie en danger. Ayant traversé la Colombie Britannique de cette manière, elle avait un peu d’expérience sur le sujet.

Le vieux pont.

Puis nous repartîmes une fois encore et arrivâmes peu longtemps après à Nelson, charmante petite bourgade juchée sur les bords d’un lac de montagne. D’emblée, mes deux voyageuses et moi-même fûmes séduits par la beauté de l’endroit et nous ne cessions de considérer la possibilité d’arrêter là notre voyage. Je dois bien dire qu’il me fallut lutter pour ne pas céder à la tentation. La situation me semblait idyllique; des gens éminemment sympathiques, une ville à taille humaine, une nourriture de qualité (bio et locale, avec un fort accent sur le végétarisme), des paysages magnifiques… Je ne sais plus vraiment comment je me suis fait entendre raison, mais ce fut dur. Bref.
Après un court passage par l’office de tourisme pour trouver un point de camping, nous déambulâmes au centre-ville avant de nous arrêter devant une vitrine remplie de hamacs. Nous entrâmes et fûmes accueillis par le gérant/proprio/hippie hirsute qui confectionnait les hamacs. Le principe était simple: vous entrez, vous enlevez vos chaussures, vous choisissez un hamac, vous vous installez dedans, et vous entamez la conversation avec le fort sympathique maître des lieux. Eventuellement, vous achetez un hamac, mais c’est tout à fait optionnel. L’individu connaissant bien le coin, il nous donna un tuyau pour aller camper gratuitement sur les bords du lac, sur un petit coin de terre isolé et laissé en friche, entre le centre de recyclage et les rails de chemin de fer. Nous lui fîmes nos adieux peu de temps après afin de passer faire quelques courses, déambuler sur les bords du lac et installer le campement pour la nuit. La tente de Suzi étant trop étroite pour plus de deux personnes, cela me donna l’occasion d’étrenner mon hamac de camping (muni d’une moustiquaire, d’un toit, de poches, bien large… enfin, tout confort quoi). Nous nous endormîmes bientôt, non sans avoir partagé une bouteille de vin auparavant afin de célébrer l’anniversaire de Jenn.

Le lac Okenagan

Le lendemain matin, nous nous levâmes aux alentours de 8h30 afin de prendre la route suffisamment tôt pour atteindre Lacombe en Alberta, à environ une heure et demi au nord de Calgary, petite ville de banlieue où vivent la mère et le frère de Jenn. Après un arrêt rapide au centre-commercial de Nelson pour acheter quelques victuailles oubliées la veille et nous brosser les dents, nous repartîmes avec l’intention de ne pas nous arrêter avant l’Alberta. Le début de la route nous permît de profiter encore un peu de la Colombie Britannique et des montagnes, qui, perdant peu à peu en hauteur, laissèrent bientôt la place aux plaines légèrement vallonnées de l’Alberta.

Un arrêt en Alberta.

Nous ne nous arrêtâmes qu’une fois ou deux sur le chemin, et ne rejoignîmes Lacombe qu’aux alentours de 21h le même soir où nous fûmes accueillis par la mère de Jenn. Après un repas aussi copieux qu’hétéroclite, nous pûmes profiter du plaisir d’un lit confortable entouré de vrais murs et d’une connexion internet. Un vrai luxe.

Le lendemain matin fut plus relaxé, l’occasion de profiter d’un petit déjeuner gratuit ne nous étant pas donnée tous les jours. N’ayant pas au départ fait de plans concernant nos arrêts plus loin que l’Alberta, j’étais légèrement inquiet en arrivant à Lacombe. Où allions-nous donc coucher? Etait-il possible de camper facilement au Saskatchewan? C’était sans compter la Providence puisque j’avais pu m’apercevoir la veille au soir qu’une personne résidant à Regina que j’avais contacté pour du couch-surfing m’avait répondu. Impossible cependant de loger à Regina, cette personne étant alors dans sa maison de campagne dans le petit village de Regina Beach. Elle nous invitait cependant à l’y rejoindre, nous donnant une adresse approximative et le nom de la maison au cas où nous serions perdus: The Rainbow Cottage.
Après des adieux à Jenn et la promesse que nous nous reverrions en Europe, nous reprîmes la route au travers des plaines de l’Alberta et du Saskatchewan. Que dire des paysages si ce n’est que c’est plat. Pas vraiment ennuyeux mais vraiment plats. Avec des champs à perte de vue ponctués de ci de là par de grandes mares résultant des inondations survenues au cours de l’été. Il serait néanmoins faux de dire que la route ce jour là fut complètement plate. Suffisamment vallonnée pour créer des collines, l’horizon disparaissait à intervalle régulier, pour mieux le retrouver une fois arrivés au dessus du monticule suivant. Et ceci sur des centaines de kilomètres. Etonnemment, la fatigue liée à la conduite se fait alors moins sentir mais la concentration part à vau-l’eau.
Nous ne fîmes qu’une pause sur la route cette fois-ci, au seul endroit qui nous parut vraiment sortir de l’ordinaire: une rivière, couronnée d’un pont pour piétons en fer rouge, au dessous duquel quelques enfants d’une ferme avoisinante jouaient dans le sable boueux de la plage improvisée. Un de ces projets d’urbanisme à l’utilité débattue et l’esthétique douteuse mais dont la construction fut mise en place dans un contexte de crise, au titre d’une politique de relance keynésienne entamée par l’Etat Canadien.

Le pont en question.

Nous arrivâmes à Regina Beach en fin d’après-midi. Une fois la route principale quittée, des routes de terre et de graviers nous attendaient. Ayant de la peine à trouver l’adresse donnée par notre hôtesse Susan, nous nous arrêtâmes à l’unique station d’essence/épicerie/café. Nous entrâmes. Là nous attendait une scène parfaitement typique du Saskatchewan; si vous n’avez jamais vu la série canadienne Corner Gas, vous ne manquez pas grand-chose, mais je vous invite néanmoins à en regarder (en écouter, dirait les québécois)  ne serait-ce qu’un épisode pour savoir de quoi je parle.
Bref, la scène en question: quatre bonnes femmes d’un âge déjà avancé sans être pour autant vraiment vieilles, toutes réparties sur une échelle de corpulence, allant de la « normale » à la « morbidement obèse », assises autour de la table trônant au milieu de la petite épicerie. Elles nous regardent et sans attendre que la jeune fille au comptoir le fasse, elles nous donnent la réponse concernant les directions, d’un ton dont je cherche encore à savoir s’il était emprunt d’agressivité, de préjugés, ou juste typique des rednecks du coin. Une fois les directions retenues à la volées, nous reprîmes la voiture et ne tardâmes pas à trouver le « cottage » en question, peint aux couleurs de l’arc-en-ciel. Là nous attendait Suzanne, la cinquantaine bien tassée, prof de psycho à l’université de Regina, ayant abandonné son doctorat récemment par dégoût du milieu universitaire.
La soirée en sa compagnie fut un véritable moment de bonheur, ponctuée de conversations autour d’un verre de vin, toutes plus intéressantes les unes que les autres, et aux sujets variés, allant des fantômes aux péripéties de ses grands enfants venant passer quelques semaines dans ce cottage chaque été, en passant par les drogues et les inondations de l’été. Nous pûmes également admirer le porc-épic vivant sous sa maison qui daigna nous amuser de sa présence en grimpant aux pommiers du jardin pour se rassasier. Nous ne vîmes pas la moufette logeant quelque part sur le même terrain, mais c’est sans doute tant mieux. La nuit étant claire, nous pûmes également apercevoir des aurores boréales autour de minuit en descendant vers le lac; elles n’étaient sans doute pas aussi claires et colorées que plus loin au nord, mais elle étaient là néanmoins. Après tout ceci, nous ne fûmes pas longs à aller nous coucher, Suzanne dans sa chambre, moi dans la mienne et Suzi dans la caravane servant de chambre d’ami, installée dans le jardin.

Regina Beach

Le lendemain matin, après un petit déjeuner simple mais solide, nous repartîmes en direction du lac afin que Suzanne puisse nous montrer les vestiges de ce qui avait disparu au cours des inondations de l’été. Nous déambulâmes donc aux abords du village, puis nous rendîmes visite à la mère du Suzanne sur le chemin du retour, petite vieille fort sympathique vivant de l’autre côté du chemin. Puis, la journée avançant et devant nous rendre à Winnipeg le même soir, nous reprîmes bientôt la route, abandonnant là Suzanne mais promettant de repasser dans le coin à la prochaine occasion.

Nous reprîmes donc la route n°1, traversant le Canada au sud, moins belle que les routes empruntées précédemment, mais plus directe. Apercevant deux auto-stoppeurs en partance pour le Québec à la sortie de Regina, nous nous arrêtâmes et décidâmes de les prendre avec nous, ne serait-ce que pour un petit bout de route. Nous nous entendîmes particulièrement bien et la journée passa bien vite en leur compagnie; Adam et Mélodie, en couple, étaient partis quelques jours auparavant de Kelowna (où ils avaient travaillés tout l’été dans les vergers), sans doute à peu près en même temps que nous et se dirigeaient vers Québec, habitants là-bas.
Nous n’arrivâmes à Winnipeg qu’à la nuit tombée; hiver comme été, cette ville ne me dit rien qui vaille et les grands buildings ponctuant le ciel étoilée de lumière électrique peinent à effacer la sensation glauque que cette cité m’inspire.
Il nous fallut une bonne heure pour enfin trouver l’adresse où nous devions nous rendre afin de planter les tentes dans le jardin d’un ami à Suzi. Une fois l’endroit trouvé, nous nous rendîmes compte que le terme de « jardin » était peut être un peu surfait pour décrire la bande de terre herbeuse sur laquelle nous dormîmes cette nuit-là. Sans compter les crottes de chien dont nous réalisâmes le lendemain matin à la lumière du jour qu’elles ponctuaient la pelouse de-ci de-là, et que nous avions planté nos tentes dessus, expliquant assez bien l’odeur infâme décelée la veille au soir.

Après un petit déjeuner expéditif, et après avoir abandonné Suzi à son destin, nous reprîmes la route ne sachant pas vraiment où nous arrêter pour la nuit suivante. Ce serait nécessairement en Ontario, mais où? Après moult discussions, nous convînmes de nous arrêter là où Adam et Mélodie avaient passé la nuit sur le chemin de l’aller, c’est-à-dire à Nipigon, juste à côté de relais de routiers. La route fut longue ce jour là et nous faillîmes même finir dans le mur lorsque l’asphalte fit place à un revêtement de gravier, en plein milieu d’un virage et ce, sans signalisation aucune. Fort heureusement, étant un conducteur aguerri au sang-froid à tout épreuve (oui, mes chevilles vont bien), je nous tirai prestement de cette mauvaise situation. Arrivés à Nipigon vers 23h30, nous n’eûmes aucun mal à retrouver le petit spot boisé où planter la tente et nous nous endormîmes bientôt, bien serrés pour ne pas avoir froid, les nuits rafraîchissant bien vite.

Le lendemain, il était convenu que je laisserai Adam et Mélodie en chemin, ceux-ci ne voulant pas abuser de ma bonté, considérant qu’ils n’avaient à ce moment pas d’argent du tout du fait d’ennuis administratifs avec leur banque. Les laissant donc au relais, je m’apprêtai à repartir après m’être préparé une thermos de thé lorsque qu’elle ne fut pas ma surprise de les voir revenir, un grand sourire aux lèvres. Après avoir parlementé violemment avec leur banque au téléphone pendant une bonne vingtaine de minutes, ils avaient réussi à débloquer une partie de l’argent des chèques de l’été qui avaient été auparavant gelés. Ils me payèrent donc un plein et nous convînmes que je les conduirai à Montréal puisque nous entendions si bien. Nous repartîmes donc à trois, comme la veille, afin de continuer notre traversée de l’Ontario, ponctué de lacs. Nous longeâmes pendant un temps le Lac Supérieur, et nous arrêtâmes même sur ses berges en cours d’après-midi pour une petite heure de baignade et de farniente. Malgré mon idée de départ de m’arrêter pour la nuit à Sault Sainte Marie, nous n’y fîmes qu’une brève pause afin de nous ravitailler en fin de journée avant de continuer plus loin. Nous poussâmes ce soir là jusqu’à Espanola, où nous dormîmes dans les fourrés d’un parc municipal, sur les bords d’un lac, bien calés une fois encore dans la tente d’Adam et Mélodie.

Un moment de farniente sur le Lac Supérieur.

Le lendemain, nous repartîmes de bonne heure, aux alentours de 9h30. Adam voulant nous montrer à quel point le centre-ville de Sudbury est moche, du fait d’anciennes mines et usines métallurgiques, nous traversâmes la ville en question, ne repérant cependant rien de bien extraordinaire. Ce petit détour fait, nous repartîmes vers North Bay, point à partir duquel nous prendrions vers le sud afin de traverser le grand Parc Provincial Algonquin, un petit bout de route qui m’avait été conseillé par un individu que je devais emmener avec moi de Victoria avant qu’il ne se décommande à la dernière minute.  L’idée de départ était de dormir à Ottawa ce soir-là, voir d’y rester une journée supplémentaire, étant en avance sur mon planning. Néanmoins, après la traversée du parc et après nous être arrêtés pour dîner dans un restaurant chinois au beau milieu de nul part, je décidai de conduire mes hôtes jusqu’à Québec. Rien ne m’attendait à Ottawa et la distance séparant cette ville de Montréal étant faible, il me serait toujours possible d’y revenir plus tard. Sans compter qu’Adam et Mélodie se proposaient de m’héberger et de me montrer Québec le lendemain, idée plus attrayante que d’avoir à trouver où dormir en banlieue d’Ottawa.
La route fut longue, et j’euphémise. Nous parvînmes à Montréal vers 22h30 et nous dûmes nous arrêter pour reprendre de l’essence. Les choses se compliquèrent lorsqu’il fallut reprendre la route en direction de Québec. L’agglomération de Montréal étant percluse de travaux durant la belle saison, nous tournâmes en rond pendant près d’une heure avant de finir par traverser le centre-ville pour emprunter le pont Champlain qui devait finalement nous mettre sur la route de Québec. Les Québécois ont d’ailleurs de bien étranges façons de faire des travaux sur l’autoroute, en coupant notamment des voies sur des dizaines de kilomètres, ne laissant à la circulation qu’un bout de route à peine assez large pour un véhicule de taille normale, avec des plots d’un côté et le fossé de l’autre. A 1h du matin avec déjà 12h de conduite dans les dents, j’ai vu plus sécurisé. Nous finîmes néanmoins par rejoindre Québec sans anicroche, épuisés (enfin, surtout moi) mais contents. L’aventure n’était cependant pas terminée puisqu’il nous fallut remonter en voiture pour conduire jusqu’à chez Adam après nous être aperçus que les colocataires de Mélodie avaient oublié de laisser la clef de l’appartement à l’extérieur. Nous finîmes donc par arriver chez Adam vers 2h30 du matin, par réveiller son colocataire Olivier, et commander une poutine aux alentours de 5h du matin avant de finalement nous coucher.

Le lendemain, mon hésitation entre rester une journée de plus à Québec et repartir directement à Montréal fut résolue par un coup de fil à l’agence de location qui m’apprit que si je rendais la voiture un jour plus tôt, je pourrai économiser 400$… je reparti donc presque aussitôt vers Montréal où, après deux bonnes heures passées dans les embouteillages, je finis par atteindre la maison des Goubsky afin de vider la voiture avant de la rendre, à temps, à l’aéroport.

Le périple était terminé, j’étais enfin arrivé, des images plein la tête et ne sachant plus vraiment quoi penser, mais à l’aube de quelque chose de nouveau, sans aucun doute.

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4 Réponses

  1. Waouh ! Merci pour ce long résumé !
    Et bien sûr, tout le monde rêve de vivre à Nelson 😉
    Bisous

    octobre 13, 2011 à 6:57

  2. mam'

    quel plaisir de retrouver ces paysages qui nous sont familiers…
    dommage que vous ne vous soyez pas photographié, ça manque;
    Quant à Nelson, je suis assez dégoûtée de son silence qui marque bien son hypocrisie…

    octobre 14, 2011 à 6:13

    • Ben

      Silence de qui?

      octobre 14, 2011 à 3:07

  3. comment rester insensible au charme de tes périples?
    beaucoup de routes également;je comprends l’intérêt de pratiquer la prise d’auto stoppeur;cela aggrémente le voyage, crée des rencontres et efface le côté rébarbatif de faire tant de km seuls.je comprends qu’il te soit bien agréable de vivre au gré des rencontres et échanges sous le sceau de l’entraide mutuelle…il est difficile dans nos banlieues de maintenir ce niveau bien agréable de communication humaine.
    quels sont tes projets maintenant, j’avoue que je m’y perds un peu.
    mais finalement je découvre au fur et à mesure que tu nous l’écris.
    alors bon vent pour la suite
    bises
    paule

    octobre 15, 2011 à 9:13

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