Un maudit français au pays des castors

PEI

Me voilà donc de retour après presque deux semaines de repos sur l’île du Prince Edouard.

Pour vous donner une petite idée, l’île du Prince Edouard est la plus petite province du Canada et se situe juste au dessus du Nouveau Brunswick et de la Nouvelle Ecosse. Son économie est fondée principalement sur la patate (ce qui semble avoir un lien avec le nombre accru de cancers rares au cours des dix dernières années, notamment via l’utilisation massive de pesticides) et sur la pêche. On y compte environ 140 000 habitants pour une superficie approximative de 5 700 km² ce qui en fait la première province du Canada en termes de densité de population. La capitale de cette province est Charlottetown, où ont été tenus les pourparlers pour la création de la confédération du Canada (qui a unifié les différentes provinces canadiennes à la fin du 19ème siècle). Malheureusement, PEI (Prince Edward Island) a vu son pouvoir politique s’effondrer au 19ème siècle avec la création d’une ligne de chemin de fer (qui était censée lui donner une place de choix dans la confédération, à laquelle PEI refusait jusqu’alors de se joindre) qui s’avéra être une source de dette importante, forçant l’île à rejoindre la confédération en 1873, dans un état de déréliction économique sans précédent. Depuis, et suite notamment à la fin de la pêche à la morue, PEI s’est lentement enfoncée dans une sorte de léthargie, dont elle n’est pas prête de sortir au vu des faibles investissements que le gouvernement fédéral consent à faire sur ses terres. Ce qui, encore aujourd’hui, constitue une source de ressentiment chez une partie de la population.
Si vous me permettez un petit encart, ce ressentiment est assez intéressant, sachant qu’il est partagé à divers égards par d’autres provinces. L’histoire du Canada est liée à des changements graduels d’influence des diverses provinces qui le constituent, avec une progression relativement schématique de l’Est vers l’Ouest. Les provinces de la côte Est (qu’on appelle globalement les Maritimes) ont ainsi bénéficié d’un certain pouvoir politique et économique dans les débuts de la colonisation canadienne, pour différentes raisons qui avaient à voir principalement à leur ancienneté, et aux secteurs économiques porteurs à l’époque (la pêche en faisant partie). Puis s’est effectuée une transition vers le Québec, puis l’Ontario, l’Alberta, aujourd’hui la Colombie Britannique et dans quelques décennies le Nord du Canada. Les relations provinces-gouvernement fédéral sont bien entendu plus complexes que ce que je présente, et les shifts de pouvoir plus subtils et jamais irrémédiables. Pour autant, c’est une thématique très présente dans les débats politiques, particulièrement au Québec, où la question vient se greffer au rêve – non révolu – d’une indépendance politique.

Les premiers occupants de PEI sont les Micmacs, toujours présents sur l’île, même si en nombre très faible (moins de 1 000). La langue majoritairement parlée est l’anglais, même si dans le même temps une petite minorité de francophones subsiste sur l’île. PEI se définie également par une importance toujours forte de la religion sur son territoire, et qui possède encore un certain pouvoir d’influence sur les décisions politiques (à peu près 90% de la population se considère comme faisant partie, via telle ou telle église, comme chrétienne). Par exemple, PEI est la seule province canadienne où il n’existe aucune clinique capable de procéder à des avortements (l’avortement étant interdit sur PEI depuis 1988, par le premier ministre provincial libéral Joe Ghiz sous la pression du parti conservateur), en parallèle d’un manque presque total de politiques contraceptives, entraînant des taux de grossesses adolescentes supérieures aux provinces environnantes; ce qui, dans un pays développé comme le Canada, va souvent de paire avec une précarité sociale accrue. Contrairement au reste du Canada, les horaires de travail sont fortement restreints le dimanche, pour des raisons une fois encore religieuses. La population est de manière générale assez conservatrice, ce qui semble aller main dans la main avec le fait que les églises apparaissent être toujours (en particulier le dimanche), des lieux de sociabilisation importants.

Drapeau de PEI

De manière générale, PEI donne l’impression d’être une île sur laquelle il fait bon vivre. Le climat est assez rude en hiver, et plus doux qu’au Québec en été. On accède à l’île via le Pont de la Confédération (Confederation Bridge), enjambant le bras de mer qui sépare PEI du Nouveau Brunswick. Les premiers éléments que l’on remarque en arrivant sur l’île sont les plages de sable rouge, le grand ciel bleu et, après cinq minutes de route, l’usine de frites McCain. C’est un peu caricatural, mais cela semble résumer assez bien mon expérience de PEI.

Passé ce côté un peu formel de la présentation de l’endroit en question, j’ai passé deux très bonnes semaines sur PEI. Je suis parti le vendredi 15 à 22h de la gare de bus de Montréal, pour un périple de 17h. Je suis donc arrivé à Charlottetown le lendemain après midi, où m’attendais Lacey, l’amie chez qui j’allais loger pour une dizaine de jours. Elle m’a donc conduit chez elle, à Ebenezer, sorte de lieu-dit où elle habite avec ses parents, à côté de la ferme de ses grands-parents paternels. Sa mère travaille dans une école primaire, tandis que son père est charpentier, après être passé par l’élevage de furets et de renards dans sa jeunesse. J’ai rarement été aussi bien accueilli, et ce fut un grand plaisir pour moi de passer du temps en leur compagnie.

Nous avons pu profiter de la plage avec Lacey et ses amis les premiers jours, mais le temps se couvrant dans la deuxième moitié de mon séjour, nous nous sommes rabattus sur des activités telles que le mini-golf en intérieur, la dégustation de glaces, la visite d’un musée de cire (duquel je suis sorti avec le mot « ARNAQUE » fortement imprimé dans mon cerveau) ou même le cinéma drive-in (j’ai touché du doigt le rêve américain…)
Je n’ai malheureusement pas grand-chose de palpitant à raconter de mon séjour chez Lacey, autre que j’y ai passé de très agréables et très reposantes vacances. La seule véritable péripétie qu’il m’ait été donné de vivre là bas fut mon retour, ayant été retenu un jour supplémentaire chez Lacey du fait de l’annulation d’un des deux bus pouvant me ramener à Montréal. Pour le reste… je vous laisse apprécier les photos.

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Une Réponse

  1. pour les nouvelles fraiches:julien a eu son brevet des collèges avec la mention bien, delphine a eu 11 et 11 aux épreuves de francais,5 en hist geo et 13 au TPE, ce qui lui fait 5 petits points de retard. si la note d’hist géo se passe de commentaires ,nous sommes plutôt satisfaits des résultats de francais car delphine était partie de loin en début d’année pour ce qui concerne l’écrit.bon ben voilà, maintenant on peit penser exclusivement aux vacances qui approchhent. porte toi bien ,bises
    paule

    juillet 13, 2012 à 6:07

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